Kampot, ça dépote !

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Voilà plus d’un mois que je n’ai rien écrit, de quoi me prouver de la plus belle des manières que je serais absolument incapable de tenir ce type de blog directement sur place, en voyage. 😉

Bon, le titre est assez trompeur parce qu’en fait Kampot s’est surtout transformé en un grand rendez-vous manqué, c’est sûrement l’étape qui a le plus fait place à la spontanéité et aux surprises par toujours des plus plaisantes… Mais j’y ai fait de belles rencontres ! Je tiens aussi à présenter mes excuses pour la densité de l’article, je me rends compte à l’instant que je n’ai pas pris beaucoup de photos à Kampot (mais tant pis, je vais en voler sur Internet).

Kampot est une petite ville du sud du Cambodge, souvent considérée comme la grande sœur de Kep. On lui associe souvent le fameux poivre cambodgien, dont la culture traditionnelle a été arrêtée sous le régime des khmers rouges au profit de la monoculture du riz. Le poivre a été relancé plus récemment par des français, et il existe plusieurs fermes aujourd’hui qui le produisent et le vendent, certaines sont visitables, gratuitement la plupart du temps. Parmi ces fermes, je pourrais citer la Plantation, même si je n’ai pas pu y aller personnellement à cause d’un contre-temps pluvieux au sommet de la montagne Bokor…  🙂 Maintenant que le cadre est posé, on va pouvoir y aller !

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Kampot, c’est là !

 

J’arrive pas de trouver de titre à cette sous-partie mais c’était pas très sympa

J’arrive à Kampot après 40 minutes de trajet depuis Kep, assez rapide. A l’arrivée j’essaie de voir avec la fille avec qui j’ai fait connaissance si on va vers la même direction pour pouvoir partager un tuk-tuk mais non : ma guesthouse est située le long de la rivière en dehors du centre, à une demi-heure de tuk-tuk. J’ai réservé à Sabay beach, lieu dans lequel le cadre me semble assez idyllique. Il est vrai : globalement, les installations sont bien faites et la situation au bord de la rivière est plutôt agréable, il est possible de s’y baigner. Cependant, quand j’arrive, trois familles différentes sont en train de partir de manière anticipée, ce qui n’augure rien de bon sur le lieu. Je ferai de même dès le lendemain, n’ayant véritablement pas apprécié l’endroit.

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Là il fait pas beau, mais l’implantation au bord de la rivière est plutôt avantageuse !

Il faut dire que j’arrivais depuis Kep d’une guesthouse aux allures de petit havre de paix, qu’il était difficile de concurrencer. Je mets quelques photos depuis Sabay Beach : un endroit à voir, assez excentré, mais qui ne répond pas à toutes ses promesses. Bon, pas de chance, j’arrive un jour où il n’y a personne : je suis, a priori, le seul client, et je partage le dortoir avec le cuisinier cambodgien, avec qui j’ai eu l’occasion de pas mal discuter par lits interposés avant d’aller dormir. Le dortoir est assez sale, il en va de même pour les douches communes : les draps sont dégueulasses, j’ai dû changer de lit deux fois parce que le deuxième était bancal. Il y a des coffres sous les lits pour ranger les affaires, mais chaque ouverture dégage une forte odeur d’humidité ainsi que quelques bestioles qui se baladent sur les sacs. Un avantage tout de même : chaque lit est séparé par une sorte de petit mur en bambou, ce qui permet de créer une petite intimité qui n’est jamais déplaisante en dortoir. La structure du bâtiment est en bois et surmonte la « route » en terre, heureusement très peu fréquentée parce que les voitures passent littéralement à quelques centimètres.

Je n’ai donc encore rien vu de Kampot puisque j’en suis assez loin, qu’il me coûterait 8 – 10 dollars A/R pour retourner au centre, et que le chemin en terre qui mène jusque-là n’est vraiment pas idéal pour un novice de la moto. Je reste à la guesthouse toute la journée, je profite des installations et m’installe, en fin d’après-midi, sur une des tables du restaurants, sans rien commander cependant parce que les prix sont à 6 – 8 dollars. Je finirai par prendre un fruit shake à 2$50 (ils coûtent rarement plus de 1$ généralement), il faut dire que l’offre n’est pas pléthorique dans les parages. J’en profite pour écrire (mon carnet était resté en suspens, à Kep, à l’arrivée de mes amis australiens), pour lire, et pour aller sur Internet puisque c’est le seul endroit où il y a accès à la wifi. J’avais réservé pour 3 nuits, mais je décide de ne pas m’éterniser ici : je ne sens pas du tout l’endroit, il ne correspond pas du tout à ce dont j’avais besoin à ce moment-là, et c’est avec un sentiment mitigé que je m’en vais le lendemain malgré les bons mots de Julien, un des gérants français, avant mon départ.

Un tuk-tuk vient me chercher pour me ramener au centre, je lui demande de s’arrêter au Gecko Village

Je vous parlais, dans mon article sur Kep, de François et Valérie qui lancent leur guesthouse au Cambodge. A l’heure où j’écris ces mots, ils viennent d’ouvrir officiellement, mais j’ai eu la chance de voir leur projet en construction ! En attendant, j’ai eu la chance de visiter les installations en avant-première, au bord de la rivière, mais plus proche du centre que le Sabay beach ! Tout est encore en travaux lorsque j’y passe mais les bungalows sont bien avancés, certains en bois, d’autres en béton, répondant à deux standings différents. Il y a même un potager à l’arrière de leur maison, puisqu’ils habitent sur place, avec des légumes bio ! J’ai reçu de nouvelles photos entre temps, c’est définitivement un très bel endroit dans lequel je conseille de se rendre d’autant que des activités type kayak dans la mangrove seront proposées ! Je vois sur TripAdvisor que les premièr.e.s client.e.s sont ravis, et vous pouvez réserver via leur site Internet ou via leur page Facebook, en plus des moyens traditionnels type Booking. Je dois avouer que je suis vraiment content d’être tombé sur eux lors de mon passage à Kep, ils font définitivement partie des belles rencontres faites au cours de mon voyage, de celles pour lesquelles je me dis qu’il faudra bien que j’y retourne un jour pour les revoir.

Pendant cette sous-partie là non plus c’est pas très sympa

Mon tuk tuk finit par me déposer au 360, que j’avais repéré sur Internet, et qui a le mérite d’être au centre-ville. Le seul mérite, peut-être, étant donné que c’est un endroit tout bonnement affreux. (bon, OK, j’exagère, mais quand même). Quand j’entre il n’y a personne, je dois faire 3 fois le tour de l’immeuble avant de trouver quelqu’un. Je saurai le lendemain que c’est parce que personne ne se lève avant que la journée ne soit bien entamée. Je trouve quelqu’un qui me propose deux chambres, une au rez-de-chaussée sans lumière ni fenêtre, et une autre à l’étage, que je choisis. Outre les draps d’un goût douteux, il n’y a pas de ventilateur (l’eau chaude : je m’en fous. Le ventilateur est cependant presque obligatoire, il y en a eu PARTOUT où j’allais, c’est vraiment le seul endroit où il n’y en avait pas). Les toilettes communiquent avec les toilettes communes du dortoir, il en va de même de ma chambre puisqu’en haut il y a des sortes de petites fenêtres qui ne se ferment pas et qui font que j’entendais tout ce qu’il se passait, en plus des bruits du bar et de la musique qui n’ambiançait personne puisque le bar était désespérément vide. L’immeuble en lui-même n’est pourtant pas si désagréable : il y a un espace commun avec une PS3 qui ressemble à s’y méprendre au salon archétypal de ton meilleur pote (et je finirai, par y trouver, le matin, un mec en train d’y décuver, histoire de parachever le portrait), et un bar/restaurant sur le toit qui n’offre pas une vue époustouflante mais qui permet de prendre un peu l’air.

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Voici une photo du seul durian qui n’embaume pas toute la rue dans laquelle il se trouve

                Je pose donc mes affaires et décide d’aller faire un tour au centre-ville. J’en profite pour longer la rivière, de faire le tour de quelques pâtés de maison, de découvrir la ville en l’explorant un peu au hasard. Elle n’a ni la quiétude de Kep, ni l’animation de Siem Reap, mais il est plutôt agréable de la parcourir, même seul, sans trop savoir où l’on déambule. A ce moment de mon voyage, il me manque 350€ dans mon budget : les billets annulés avec Qatar Airways ne m’ont pas encore été (partiellement) remboursés, cela peut prendre jusqu’à 8 semaines, j’évite donc de dépenser trop d’argent en louant un scooter par exemple. Ah, et j’ajoute ça ici, ça n’a pas d’importance pour le moment mais ça en aura plus tard : je dépose ma lessive à la Selavibol Guesthouse. La lessive du backpacker se doit d’être toujours savamment étudiée : il faut toujours prévoir suffisamment de temps pour pouvoir la récupérer sans en laisser la moitié derrière soi, la faire quand on a trois jours en un endroit plutôt que deux, et si possible bien choisir son endroit. Le backpacker ultime le fait seul avec de la lessive à la main dans le lavabo de son hôtel et la laisse sécher dans sa chambre ou dans son dortoir, faisant fi de l’odeur de moisissure et de « mal séché » qui envahit fatalement le lieu. Autant vous dire que je n’ai PAS opté pour cette solution.

                Je ne fais pas grand-chose ce jour-là, je crois. A part déambuler dans la ville, et siroter un verre sur le rooftop de ma guesthouse où je semble être le seul client. Par chance, je croise cependant François qui passait par là en moto et qui me propose d’aller boire un verre, j’étais justement sur le point d’en prendre un dans un restaurant, j’accepte donc avec plaisir, et on prévoit de se revoir le soir. Cependant, le soir, il pleut, et il n’y a pas de lumière le long de la route qui mène jusqu’à chez eux : nous voilà revenus au temps où « il pleut » constitue une excuse suffisante et tout à fait compréhensible pour ne pas se voir ! A 21h, je suis déjà de retour dans ma chambre, et je tente de m’endormir. Je finirai par dormir par terre, pour éviter la chaleur, avec des boules quiès, pour atténuer le bruit. Je prends également la décision de me barrer de cet endroit, on m’a parlé de l’auberge de jeunesse Monkey Republic, je leur envoie un MP sur Facebook pour savoir s’il y a toujours de la place, et je décide de m’y rendre le lendemain matin pour avoir toute la journée devant moi.

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Je propose de jouer à un jeu : « où est le gecko ? » 🙂

                Au réveil, vers 8h30, je glande un peu dans mon lit et réponds aux messages reçus. Il y a 5h de décalage avec la France, les gens me répondent donc souvent pendant que moi-même suis en train de dormir. Vers 9h je m’active, me douche, prépare mes affaires et tente de partir vers 9h30. Je fais le tour et chercher quelqu’un pour payer la chambre… Ne trouvant personne, je décide de partir quand même : ils ont l’empreinte de ma carte bancaire, ou je repasserais dans la journée pour régler la chambre. Cependant, la grille, en bas, est fermée. Je refais le tour, l’occasion de repasser par le rooftop si charmant : la vaisselle de la veille est entassée çà et là, toujours pleine de bouffe, certains verres encore remplis. Au rez-de-chaussée, la cuisine baigne dans une couche de crasse que plusieurs heures de nettoyage ne suffiraient pas à enlever. Le gérant, français, est introuvable, et je finis par trouver un employé dans l’espace commun-salon-de-ton-meilleur pote. Trouver est un bien grand mot. Disons que je devine un corps sous une couverture, de la tête au pied, ne laissant rien dépasser. Je m’y emploie à plusieurs reprises pour le réveiller, d’autant qu’à ce moment-là je ne sais pas vraiment si c’est un client ou un employé qui dort là. Il part réveiller quelqu’un dans le dortoir, je paie la chambre, et je lui demande à plusieurs reprises de descendre ouvrir la grille mais il ne comprend manifestement pas ce que je suis en train de lui dire. Là, pour la première et la dernière fois de mon voyage je commence un peu à m’énerver. Vous voyez le monologue intérieur dans Bref dans l’épisode « J’ai eu 47 minutes de retard » où il souhaite toutes sortes de mauvaises choses au serveur détestable ? Bah pareil. Je redescends, remonte, dois le tirer du lit à nouveau pour qu’il accepte enfin de me suivre et de m’ouvrir les portes. De là, je me rends à pied jusqu’à ma nouvelle auberge de jeunesse, bien décidé à repartir d’un bon pied : le Monkey Republic !

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L’entrée du Monkey Republic… Plutôt agréable à regarder !

Quand Kampot commence à dépoter

Après un accueil des plus froids de Kampot, mon arrivée au Monkey Republic change considérablement la donne. L’auberge est remarquablement propre, il fait très chaud dans la chambre mais il y a deux ventilateurs. La salle de bain est assez grande, je retrouve de l’eau chaude, il y a des serviettes et un coffre pour ranger les affaires en sécurité, l’ambiance y est bonne et surtout le personnel est réveillé avant 10h du matin. J’en profite pour prendre un petit-déjeuner à l’occidentale, à savoir une baguette avec du beurre et de la confiture. Il n’est pas possible de louer de scooter ni de prendre des tickets de bus au sein de l’auberge mais une agence de voyage le fait juste en face : M. Bison ! Qui a sérieusement l’air d’un mafieux derrière son immense bureau en bois et son air. Qu’à cela ne tienne : je lui demande si je peux louer un scooter à 4$. Il me demande, fort naturellement, si j’ai déjà conduit un scooter. Je lui réponds évidemment que oui (fort de mon expérience à Kep 3 jours avant), il me répond qu’il me demande cela pour savoir s’il me donne un bon scooter ou non puisqu’il a souvent affaire à des pilotes inexpérimentés. Je lui avoue que je n’ai conduit qu’à Kep mais j’hésite quand même d’un scooter Airblade, le même ou presque que celui que j’avais à Kep, mais bien plus réactif aux coups d’accélérateurs.

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La bécane du jour

Les innombrables temps morts Kampotiens que je tais au fur et à mesure de mon voyage m’ont permis de mieux prévoir la suite et ce que je ferais à Kampot ; de même que ma discussion avec le chef cuisinier du Sabay beach avec qui je partageais le dortoir. Pour moi aujourd’hui, ce sera le parc national Bokor puis visite des plantations de poivre ! Il est plus ou moins 10h30 lorsque je pars, enfourché sur mon scooter, aux alentours de Kampot. J’essaie de me guider plus ou moins avec Mapsme et emprunte une route nationale qui mène, géographiquement, jusqu’au parc. Mais pas jusqu’à son entrée… Le parc est si grand que plusieurs routes y mènent mais en tant qu’étranger et en scooter, je dois rentrer par une certaine entrée, puisque l’entrée est payante. Je ne comprends mon erreur qu’après une demi-heure de route. Un homme m’arrête, il a un gilet jaune, je me dis que c’est peut-être la police et que je risque de devoir payer un petit quelque chose pour pouvoir repartir. Il me demande 1$, c’est raisonnable, je lui demande quand même par acquis de conscience si c’est bien le chemin pour le parc national, il me répond que non et de faire demi-tour, ne me demande pas les 1$ finalement, que les autres payaient pour pouvoir entrer dans la zone. Je n’ai jamais vraiment su pourquoi il fallait payer 1$ pour aller à cet endroit, peut-être aurais-je dû tenter le coup.

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La fameuse entrée magique – et cachée

Je fais donc demi-tour et tente d’entrer dans la cour d’un immeuble sur la route, un autre homme me barre le chemin et me hurle « CHINESE OFFICE CHINESE OFFICE NO NO NO ». Je lui demande quand même s’il sait comment aller au parc naturel, il me répond « NO NO NO GO AWAY GO AWAY ». Bon, bah au moins j’ai vu un peu de paysages autour de Kampot.

Je reviens au début de la route nationale et arrive à un rond-point, là je tombe sur 3 voyageuses, Sarah, suissesse, et Laura et Laura, irlandaises. Je leur demande si elles savent comment aller au parc naturel, elles me disent qu’elles y vont justement, me proposant de les suivre. Comme quoi mon long détour m’a permis de rencontrer des gens, ce qui n’est pas plus mal ! 20 – 30 minutes après on arrive enfin devant l’entrée principale. En scooter, l’entrée coûte 0,5$ ou 2000 riels, en l’échange on a une carte magnétique qui permet de se garer au sein du parc. D’après ce que j’ai compris, l’aire a été achetée et aménagée par des entrepreneurs chinois qui ont implanté au sommet de la montagne Bokor un immense complexe 4 étoiles attirant de riches touristes asiatiques. Ils en ont profité pour défigurer la montagne à coup de routes impeccablement neuves qui sont un vrai plaisir en moto. On s’élance donc le long de ces routes sinueuses, s’arrêtant par instants pour observer la vue. C’est un vrai piège : au fur et à mesure que l’on monte, on devine à travers les arbres une vue splendide sur la ville qui donne envie de la regarder plutôt que la route. Je prends 2 ou 3 fois des virages un peu trop larges d’ailleurs, ils sont particulièrement nombreux puisque ça monte. 😉 On ne respecte pas vraiment les limitations (à 20 km/h dans la montée, on était plutôt vers les 40, mais il n’y a personne sur la route). Oui, parce que cette fois mon scooter a des compteurs d’essence et de vitesse qui fonctionnent. J’espère d’ailleurs que j’ai mis assez d’essence : si je tombe en rade en haut, personne ne viendra me sauver et il faudra tout faire à pied (plusieurs dizaines de kilomètres quand même) en poussant mon scooter.

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Au fur et à mesure, la vue se dégage, on surplombe Kep, et c’est magnifique 🙂

On arrive après une montée héroïque au sommet de la montagne Bokor et au niveau du complexe 4 étoiles que j’évoquais. Entre temps, il s’est mis à pleuvoir et on a perdu quelques degrés : pour la première fois depuis mon arrivée au Cambodge, j’aurais bien besoin d’un sweat. Heureusement, j’ai suivi les recommandations pour faire de la moto : j’avais mis un pantalon et une chemise histoire d’avoir les jambes et les bras couverts en cas de chute. Il y a une sorte de micro-climat arrivé en haut, avec une espèce de brouillard très épais qui n’est pas des plus rassurants. L’endroit a l’air beau et dégagé mais impossible d’y voir clair à plus de quelques mètres. Le groupe se sépare : Sarah et moi sommes fatigués et allons à l’intérieur pendant que les deux Laura continuent le parcours. Il y a, plus loin, une église désaffectée ainsi qu’une station météorologique à voir. A 11 km il y a aussi des chutes d’eau ; personne ne s’y aventurera, parce que les chutes d’eau, on a l’impression qu’elles nous tombent dessus.

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Bon, ça a l’air très beau en temps normal, mais imaginez conduire un scooter avec ce brouillard !
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Apparemment, en temps normal, ça peut rassembler à ça, et ça ressemble plutôt à Disneyland 🙂
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Une petite photo de l’intérieur 🙂

Le complexe est véritablement impressionnant : immense, le service est aux petits soins. Je me sens assez mal à l’aise d’ailleurs puisque ce n’est pas vraiment mon univers, je commande tout de même un cheesecake à 3$ (très raisonnable dans un 4 étoiles par rapport à la France, mais bien au-dessus des prix cambodgiens). Laura et Laura nous rejoignent bientôt détrempées : le climat s’est considérablement dégradé. Nous voilà donc à 1000 mètres d’altitude, sous une pluie torrentielle, dans un brouillard à couper au couteau, avec du vent et le froid, alors que l’on sait à peine conduire un scooter. C’est un peu l’apocalypse mais on regarde tout de même le prix des chambres pour pouvoir en prendre une pour 4 au cas où : 60$, ça ne ferait « que » 15$ chacun.e, mais quand même… ! Le rdc ressemble à un immense restaurant agrémenté de salles de jeu pour les enfants ; en réalité il y a plusieurs restaurants et bars pour plusieurs styles. L’endroit est remarquablement propre et aéré, surtout très vide : il n’y a pas l’air d’avoir beaucoup de clients.

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L’hôtel semble trôner au milieu de la montagne

On en profite pour faire connaissance, pour échanger nos prénoms et discuter un peu de nos vies chez nous. Je pense qu’on est bien restés 1h, ce qui m’a donné l’occasion de sympathiser avec un des employés qui a même proposé de nous ramener en bas après sa journée de travail, ce qui ne règle cependant pas le problème des scooters. Je le remercie tout de même grandement, au bout d’1h et demi la pluie s’est de toute façon peu ou prou calmée, en tout cas suffisamment pour repartir. Ce que nous faisons, tous équipés de nos anoraks anti-pluie. Le mien est fait pour la randonnée et donc pour que j’aie un immense sac de 60 ou 70L et d’une quinzaine de kilos derrière moi. Ce n’est pas le cas, il est beaucoup trop large et le vent le fait presque se détacher, la conduite est bien moins aisée qu’à l’aller !

Peu à peu, le brouillard se dissipe et l’on s’arrête sur une sorte d’esplanade avec une immense statue et quelques commerces qui ont l’air très vides. Des moines se prennent en photo devant la statue, on prend également quelques photos. L’esplanade est totalement découverte, j’ai rarement pris d’aussi grosses rafales de vent, on redescend rapidement jusqu’à la dernière ligne droite. On lâche les moteurs de nos scooters, je monte jusqu’à 90 km/h, ce qui procure un sentiment grisant de liberté !

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Mes cheveux et mon anti-pluie ont moyennement apprécié

Finalement, je n’aurais pas vu les choses à voir, la faute au temps, mais j’ai passé une excellente journée à faire de la moto. Je demande aux filles si elles veulent aussi aller à la plantation qui est à 13 km de là selon Maps.me, mais il est déjà plus de 16h et elle ferme à 17h30. Avec le temps de trajet, on n’aurait qu’une petite heure de visite… On décide plutôt de retourner au centre-ville et d’aller manger à l’endroit où Sarah a mangé la veille, ce qu’elle dit être le meilleur pad thai de sa vie. Il se trouve que j’en ai mangé un meilleur sur Koh Rong Sanloem mais on va dire que l’esprit de l’île est la meilleure des épices ! 😉 On fait également un peu de shopping dans les petites ruelles perpendiculaires à la rivière, il y a des attrape-touristes plutôt sympathiques. Je les quitte cependant assez rapidement pour aller chercher ma lessive, jusque-là tout va bien. Je les retrouve rapidement puis rentre chez moi après leur avoir dit au revoir et après avoir échangé nos Facebook mutuels.

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Regardez moi ces routes neuves et vides, ça donne envie

Je rends le scooter à M. Bison qui doit fermer boutique à 19h. J’arrive à 18h55 mais il n’a pas l’air d’être sur le point de fermer puisqu’il est attablé devant son échoppe avec 5/6 collègues en train de jouer aux cartes. En rentrant chez moi je me rends compte qu’il me manque des vêtements, j’ai une flemme monstre de retourner au Selavibol puisqu’il y a 10 – 15 minutes à pied quand même et que j’ai déjà rendu le scooter. Je suis en plus assez fatigué à cause de la journée passée en moto, mais je pars de Kampot le lendemain, je repars donc à pied. La gérante me dit de repasser dans 30 minutes, j’en profite pour aller faire un tour au marché de nuit. Ce soir, c’est l’Aïd, et il y a une forte minorité musulmane dans le sud du Cambodge, que ce soit à Kep ou à Kampot : iels se sont apparemment tous et toutes donné rendez-vous au marché de nuit où je suis un des rares touristes. Il y a une vraie ambiance de fête, des tshirts à 10.000 riels (2,5$), et des manèges pour les enfants. Je fais plusieurs fois le tour, je m’y sens vraiment bien mais vient rapidement le temps de revenir au Selavibol… Où il me manque encore un vêtement. Je tente désespérément de lui expliquer et de le décrire, mais en fait ce n’est pas elle qui s’occupe de cela, elle le sous-traite à une femme qui habite de l’autre côté de la rivière. En fait, le 360 (puisqu’il indique sur Booking qu’il dispose d’un service de laverie, mais je doute qu’un produit ménager ait un jour passé l’enceinte de cet établissement crade au possible) soustraite le Selavibol qui soustraite quelqu’un d’autre encore. La gérante me propose donc de prendre son scooter et d’y aller avec elle, puisqu’elle ne veut pas conduire : je me retrouve donc en pleine nuit, à Kampot, à conduire la gérante d’une guesthouse qui n’est pas la mienne pour aller chercher un t-shirt et un débardeur.

Personne n’a de casque évidemment, et elle est assise les deux jambes du même côté, croisées, se tenant à moi. Je me demande ce que je fous là mais je trouve ça plutôt cocasse comme situation, d’autant que juste avant de partir en scooter j’ai rencontré trois anglais avec qui j’ai un peu discuté que je reverrai par hasard à Siem Reap ! Je débarque donc chez une migrante chinoise qui se met à chanter et à danser lorsqu’on retrouve mes vêtements, et la gérante de la guesthouse me répète « crazy girl ! crazy girl ! ». On repart, mais je précise également que le scooter freine très, très très mal et que pour traverser la rivière, on passe par un pont minuscule normalement réservé aux piétons mais que tous les scooters empruntent allègrement malgré les poteaux censés empêcher le passage, devant lesquels je freine à chaque fois mais difficilement.

En arrivant, on échange nos Facebook également et elle me fait promettre de venir dans sa guesthouse quand je reviendrai à Kampot. Je lui promets également d’en parler sur mon blog à venir (ce qui, à coup sûr, devrait lui ramener approximativement 3.000 visiteurs par an). Voilà : si vous passez par Kampot, passez cracher un petit coup sur le 360, continuez votre route en laissant la rivière derrière vous, tournez à gauche dans la première rue (celle où il y a 4 tôles qui abritent, en dessous, un coiffeur et un loueur de vélos/scooters) et rendez vous au Selavibol. L’endroit est vraiment propre, et je n’en ai entendu que du bon, et il est possible d’y louer des scooters !

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Ce nuage/brouillard englobe la montagne d’une aura assez mystique… 🙂

Au retour, je repasse par le marché de nuit dont se dégage une atmosphère que j’apprécie vraiment. On se rate encore avec François et Valérie puisqu’il n’a pas la moto ce jour-là et ne peut donc pas venir me rejoindre au centre de Kampot, mais est toujours en contact via Facebook ! Le Monkey Republic a vraiment une bonne ambiance le soir en plus, j’y prends un verre en me rendant compte que j’ai complètement oublié de réserver le bus pour Phnom Penh le lendemain… Tant pis, je me lève vers 8h le lendemain et vais le réserver auprès de M. Bison, j’en ai pour 8 dollars je crois, le trajet dure 3h… Et surtout, je retrouve Laura et Laura dans le bus ! Elles m’avaient prévenu qu’elles repartiraient pour Phnom Penh elles aussi mais je ne pensais pas les revoir ! Je suis encore une fois impressionné devant le fait que le bus se déplace jusqu’à la guesthouse pour récupérer chacun.e des passager.e.s, mais je ne vais pas me plaindre puisque c’est vraiment pratique. Au petit-déj il y a cette fois une grosse embrouille entre un mec et les gérants sur la présence ou non de punaises de lit au sein de la guesthouse. Moi, j’ai dormi comme un roi, surtout après deux nuits vraiment moyennes. Kampot, c’est trois guesthouses en trois jours, quelques rendez-vous manqués et quelques ratés mais je n’ai aucun regret, la balade en moto a été un immense plaisir ! L’aventure continue…

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