Kep ou pas Kep ?

Bon, je suis désolé, j’avais dit que l’article sur Koh Rong Sanloem serait sûrement le plus long. Finalement, celui-ci l’est encore plus, mais je vais mettre plus de photos pour compenser 😀

Vous ne pouvez pas savoir comme je suis ravi d’ENFIN arriver à des étapes de mon voyage avec lesquelles je peux faire des jeux de mot. Parce que Koh Rong Sanloem et Sihanoukville, c’est pas vraiment la joie pour en faire (et pourtant, j’ai essayé).

 

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La vue depuis ma guesthouse 😀

 

 

Kep, anciennement Kep-sur-Mer (les étrangers s’en fichent complètement, mais en tant que français je trouve ça plutôt drôle) (eh oui, encore un héritage de la colonisation) est une petite station balnéaire sur la côte sud du Cambodge, le plus souvent délaissée au profit de sa grande sœur, Kampot, qui n’est pas côtière mais plus vivante (enfin, la municipalité au sens administratif est côtière mais le centre-ville est implanté sur la rivière), Kep apparaissant comme la projection littorale de Kampot. Autrefois lieu de villégiature très prisé des français (et je parle là comme un guide Lovely Planet, désolé), ils ont été remplacés par les cambodgiens qui s’y rendent le week-end. Bon, quand j’y étais c’était pas le week-end et personne ne se rendait à Kep, mais dans l’idée, les choses se passent comme ça.

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Précisons-le quand même : il faut s’arrêter en pleine route pour pouvoir prendre cette photo

Je le disais : j’ai souvent lu sur Internet, et dans les guides qu’il ne valait pas le coup de rester à Kep, qu’il valait mieux rester à Kampot et faire une expédition d’une journée à Kep. La chose est faisable, puisque 30 minutes à peine séparent les deux, en bus (très souvent dans la journée) ou en scooter. Les routes à l’approche de Kep sont en très bon état, mais certains tronçons étaient en travaux et donc en terre (on apprend vite à fermer les yeux quand un camion passe soulevant un nuage de poussière devant soi), pour le moment. Alors, est-ce que cela vaut le coup de s’attarder vraiment sur l’endroit ? Mon expérience personnelle dirait que OUI !

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Un exemple du tronçon de route entre Kep et Kampot 🙂

Sihanoukville II

Alors, je m’étais arrêté au bus tout-pourri-des-années-70 qui nous a amené du port de marchandises au centre-ville. Le voyage n’était pas terminé pour moi, puisque je résidais un peu en dehors de Sihanoukville, à Otres Beach, réputée pour être plus calme. En descendant du bus j’ai pris un tuk-tuk pour m’y amener, qui m’a couté, si je me rappelle bien, 5 dollars. Je me suis dit que j’aurais peut-être dû y réfléchir à 2 fois, parce que si je voulais revenir voir Sihanoukville cela me coûterait 10 dollars supplémentaires pour un A/R. D’autant que mon tuk-tuk ne connaissait pas mon hôtel, ça a pris un peu plus de temps que prévu et les choses se sont arrangées grâce à l’intervention salvatrice de deux hommes sur le chemin (et d’un peu d’aide de Maps.me. On applaudit Maps.me svp).

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Un plan de Sihanouville, récupéré du site http://cambodiza.e-monsite.com/ dont j’ai déjà parlé !

Une fois arrivé à Otres Hideout, au bout d’un chemin de terre détrempé, il n’y a personne, si ce n’est un couple et un autre mec qui n’est visiblement PAS le gérant de l’endroit. Lequel est porté disparu, personne ne l’a vu. Bon, qu’à cela ne tienne, j’attends un peu… Le couple d’ailleurs a été d’une grande gentillesse, puisqu’il m’a proposé de poser mes affaires dans leur bungalow et de venir manger avec eux si je le souhaitais. Je crois que c’est la première fois que j’ai refusé une main tendue vers moi comme ça, puisque ça aurait été l’occasion de faire connaissance avec deux autres personnes ! Mais j’étais assez fatigué, particulièrement affecté d’avoir quitté l’île et son esprit, et j’avais besoin d’être un peu seul, je crois. Coïncidence rigolote : l’autre client dont je parlais avec qui j’ai un peu discuté en ANGLAIS était en fait FRANÇAIS et je m’en suis rendu compte en rentrant en France parce qu’il a posté sur un groupe de backpackers que je suivais, conseillant le Hideout bungalows (oui, je suis physionomiste) (et un peu stalker sur les bords). Je me rends compte, en l’écrivant, que cela dément le théorème selon lequel un français entendant un autre français parlant anglais reconnaît immédiatement son origine à cause de l’accent pourri. Ou peut-être qu’il a reconnu le mien mais qu’il avait envie de me faire chier. Allez savoir !

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Le temps parfait pour aller à la plage… Ou pas… 😀

Bref, je n’aurais pas grand-chose à dire sur Sihanoukville parce que… J’ai passé toute la sainte journée dans mon bungalow lorsque Nick, le gérant, est arrivé 15 minutes après ma propre arrivée !  Il a plu des cordes à partir de 13h, ça n’a pas arrêté jusqu’à 18h où il y avait encore quelques gouttes qui tombaient, l’occasion pour moi d’aller voir la plage et de faire un petit tour dans le village d’Otres. Bon, la plage était pas folle (en même temps quand on rentre de Koh Rong Sanloem et qu’on a vu la 4ème plage au monde……) (OK, je deviens snob) mais le village était vraiment cool. J’en ai profité pour acheter à manger, puisque je n’avais rien mangé de la journée. Je me suis arrêté dans une petite échoppe et j’ai acheté des tomates, une grappe de bananes, une sorte de cupcake sans glaçage dessus, le tout pour… 25 centimes. Le lendemain, je suis revenu et j’ai acheté plus de trucs, pour 2 dollars, et je me suis rendu compte qu’au lieu du seul cupcake que je lui avais demandé il m’avait filé le sac entier, avec une quinzaine de ces gâteaux dedans. Ce n’est pas toujours pratique de transporter de la nourriture en mode backpacker, mais ça m’a permis de manger le soir à Kep parce que le resto de l’endroit où je résidais était assez cher, et de prendre le petit déj tranquille dans ma chambre pendant plusieurs jours ! J’en ai profité pour acheter une sorte de lotion à l’aloe vera aussi, parce que j’ai pris de gros coups de soleil sur les épaules pendant mon fameux trek plage – jungle sur Sanloem, et porter mon sac était très douloureux.

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Sihanoukville au loin 🙂 (c’était le trajet aller pour Koh Rong Sanloem)

J’ai profité de l’accalmie pour aller réserver mon ticket de bus également, pour Kep, dans une des agences appelées Anna tour travel qui semble être une référence dans le sud du Cambodge. Je crois me rappeler qu’il m’en a coûté 6 ou 7 dollars. Je le prenais le matin, ce qui était plus pratique. J’ai été plutôt rassuré par le fait qu’on me refuse le 1er bus que je voulais parce qu’il était plein, en ASE les pratiques de surbooking sont plutôt fréquentes et tant pis si certain.e.s sont assis.e.s par terre. 😉 Bref, le matin j’ai dit au revoir à Nick, et je suis allé attendre mon bus… Toujours sous une pluie battante. Décidemment, Sihanoukville ne m’accueillait pas très bien. Mais je n’en étais pas malheureux pour autant : après une semaine en dortoir, le lit immense du bungalow, le calme, la salle de bain individuelle et la Wi-Fi rapide m’ont rapidement réhabitué au confort et j’ai plutôt rentabilisé les 7$ dépensés pour cette nuit-là, surtout vue la taille du bungalow et du lit ! Chacun des bungalows a une petite terrasse avec des fauteuils en bois tels qu’on en trouve partout au Cambodge (qui sont de terribles pièges puisqu’il est très tentant de s’endormir dedans), la propriété est bien aménagée et bien gérée, bref, c’était vraiment un bel endroit et certainement une de mes nuits les plus rentables !

Revenons-en au bus pour Kep : puisque mon logement était au bout d’un chemin de terre difficilement praticable pour un bus, j’ai proposé à l’agence de voyage d’attendre le bus directement auprès d’elle. C’est donc là-bas que je suis allé (toujours sous la pluie, mais j’étais bien équipé). J’étais trempé, le sol de l’agence était d’un blanc immaculé, je n’ai pas osé rentrer, mais la dame à l’intérieur a eu la gentillesse de me passer une chaise (du genre : t’as le droit de t’asseoir tant que tu dégueulasses pas mon sol sale crasseux).

Bref, le minivan a fini par arriver, m’a embarqué. Toutes les places étaient prises, un vieux monsieur m’a dit que je n’aurais jamais dû prendre ce minibus, de descendre pendant qu’il était encore temps. Son haleine embaumait tout le minivan, effectivement, j’aurais bien aimé descendre, ou qu’il se taise. D’autant que j’étais sûrement le plus mal loti, puisque mon siège était incliné vers l’avant et j’ai dû me tenir courbé jusqu’à Kampot, où j’ai changé de siège pour en prendre un à l’inclinaison normale (la libération) (vraiment).

Straight from Sihanoukville

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L’eau est pas de la même couleur que sur Sanloem… !

Après ce deuxième passage par Sihanoukville, arrivée à Kep ! J’arrive dans ce qui paraît être le centre-ville, j’en profite pour me balader un peu mais mes sacs sont quand même assez lourds. Je prends donc un tuk-tuk négocié à 2,5$ pour aller à ma guesthouse, le Khmer Hand Bungalows, installé dans les collines qui surplombent Kep un peu en dehors de la ville. Bon, cela faisait partie de mes nuits les plus chères au Cambodge, 10$, que j’aurais voulu annuler pour prendre moins cher mais c’était trop tard pour Booking lorsque j’ai pris la décision.

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Le chemin à côté du Khmer Hands

Ce que je ne regrette pas tant le lieu est charmant : Chris et Naome ont créé un véritable havre de paix au milieu de la nature luxuriante dans cet endroit. Les bungalows sont à moitié ouverts au niveau du toit (pas besoin d’isolation au Cambodge, s’il fait moins de 28 degrés c’est la froidicule), ils sont spacieux et c’est un petit détail mais depuis mon départ c’était la première fois que j’avais de l’eau chaude. Il y a un bel espace commun qui sert de bar – restaurant, surplombant la propriété et surtout permettant de voir la mer, au loin. Tout est en pierre et en bois, se lie parfaitement à la nature, bref, l’endroit est vraiment magnifique.

DE PLUS, et c’est loin d’être un détail, Chris et Naome ont également ouvert au sein de leur propriété un centre de formation pour cambodgiens et cambodgiennes dont proviennent par exemple les membres du personnel de l’établissement, que ce soit en cuisine ou pour les services. A ce que j’ai compris, il y a aussi des formations plutôt dédiées à l’artisanat et à la couture puisqu’il est possible d’acheter des créations faites par les apprentis. Vous trouverez ce type d’initiative à plusieurs reprises au cours de votre voyage, avec les Artisans d’Angkor par exemple, sauf que dans ce cas-là c’est Vinci qui finance revendant plus de 50$ le foulard se faisant très certainement une belle marge dessus. Bon, c’est très schématique et on peut amener les choses autrement, puisque beaucoup d’ONG, l’Etat cambodgiens ainsi que d’autres organismes type aide au développement contribuent à ce projet, qui, mine de rien, a fourni un travail à plusieurs centaines de cambodgien.ne.s avec un salaire fixe (et plutôt confortable d’après mes discussions avec un cambodgien) et une couverture sociale. BREF, encore une fois je me perds dans les détails, je reviendrai sur tout ça plus longuement dans l’article sur Siem Reap.

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La-photo-appel-au-voyage de cet article, elle est là je crois

J’en étais donc à mon arrivée dans cette structure en bois ! Kim m’a tout de suite pris en charge, m’a fait faire le tour de la propriété avant de me faire monter dans cet espace commun dont je parlais. Je me présente à Chris, qui m’accueille vraiment comme si j’étais un ami. A ce que j’ai compris, il a beaucoup voyagé avant de s’installer au Cambodge, il a vécu 7 ans au Japon également. En me présentant, deux français (qu’est-ce que je disais plus haut ?) reconnaissent mon accent qui sent bon la raclette et le camembert : François et Valérie qui sont en train de construire une guesthouse à Kampot, et qui étaient là pour commander des coussins aux apprenti.e.s du Khmer Hands ! On a passé un bon bout de temps à discuter et à faire connaissance, mettant de côté mon check-in, profitant d’une vue imprenable sur la mer et parlant de leur projet ainsi que de mon voyage. Je leur parle également de là où je vais dormir à Kampot, il se trouve que c’est juste à côté de l’endroit où eux-mêmes sont installés : au moment de partir, on échange nos coordonnées et on se dit qu’on se reverra sur place. Je n’en dis pas plus, je réserve le reste pour l’article sur Kampot, mais c’est quand même une heureuse coïncidence de tomber sur deux français à ce moment-là. S’il n’avait pas plu la veille, je serais sûrement allé réserver un bus plus tôt à l’agence de voyage, celui que je voulais prendre initialement n’aurait pas été plein, je serais arrivé plus tôt à Kep, François et Valérie n’auraient peut-être pas été là… Bref, beaucoup de petites coïncidences comme ça qui s’accumulent et qui font les rencontres du voyage.

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Oui je SAIS encore du PANORAMA

Après leur départ, je prends donc mes quartiers dans mon bungalow qui est vraiment cosy. Là encore, je ne fais pas grand chose de ma journée, j’explore un peu les environs à pied comme à mon habitude quand j’arrive dans un endroit, et je prévois la suite de mon voyage. Je vais me coucher assez tôt : mon rythme a complètement changé depuis Sanloem où je me couchais vers 2h pour me réveiller vers 10 – 11h, là je me couche plutôt vers 22h pour me réveiller vers 7h. Surtout : je prends ma douche. C’est bête et cela paraît être un infime détail, c’en est un, mais il y avait de l’eau CHAUDE. C’était la première fois de mon voyage que j’en avais, certes, cela ne me manquait pas tellement mais je sais pas, j’étais plutôt content de retrouver ce petit élément de confort dans un cadre vraiment beau puisque tout est en pierres apparentes et en bois.

Alors, Kep ou pas Kep ?

Le lendemain, je décide de louer un scooter pour explorer par moi-même les environs. J’ai demandé à mon père de m’apprendre juste avant de partir devant ma maison, mais je n’ai jamais conduit de scooter à part ça et je n’ai aucun permis ni quoique ce soit. Naome me montre comment fonctionne celui-ci, me fait faire un essai. Lorsque je reviens, elle fait une sorte de moue en me disant « is that okay… ? ». Je me dis que ma conduite ne devait VRAIMENT pas être convaincante, le fait de confondre les phares et les clignotants n’a pas dû aider. Je suis un peu hésitant, mais Chris avec qui j’ai discuté une bonne vingtaine de minutes se veut très rassurant : les routes de Kep sont très grandes, bien entretenues, mais aussi très vides, c’est le parfait endroit pour se faire la main. Je m’attends à signer quelque chose, à laisser mon passeport en dépôt, à payer immédiatement, mais rien de tout ça. Devant ma surprise Chris me répond « on sait où tu habites non ? » en rigolant. Je demande également où est l’antivol, il n’y en a pas, et il me dit que Kim a l’habitude de laisser les clés sur son scooter. Bon, moi j’étais jusque-là abreuvé des témoignages sur les forums de gens qui se sont fait voler leur scooter (parfois par les compagnies les ayant loués), se retrouvant avec des factures de plusieurs centaines de dollars sur le dos avec un passeport en otage, j’étais pas tranquille. 😀

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Il est pas beau mon scooter ?

Mais je l’ai fait quand même ! Programme du jour : rouler au hasard, parc naturel, marché aux crabes, voire Secret lake le soir. J’ai donc enfourché ma bécane les cheveux au vent pour parcourir Kep et ses alentours. Je dois préciser une chose : AUCUN compteur ne fonctionnait sur ma moto, ni le compteur de vitesse, ni celui de l’essence. Autant vous dire que lorsque j’ai demandé 2 litres d’essence au vendeur dans une petite échoppe, j’étais pas certain de ce que cela représentait en termes de distance. Mais j’ai fait avec. 😀

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« Cheveux au vent »… Bon, j’avais un casque quand même (un peu)

J’ai donc fait rapidement un petit tour de Kep, avant de me diriger vers le parc national. L’entrée coûte 1$, mais toutes les entrées ne sont pas surveillées, je crois. On peut y entrer avec un scooter, mais il n’y a pas de routes, ce ne sont que des sentiers. A pied, le chemin est largement faisable puisqu’il fait 5 ou 6 kilomètres je crois. En vélo aussi, ça doit être sympa, mais pour aller plus vite j’ai opté pour le scooter en m’arrêtant assez régulièrement pour faire des boucles à pied. Des bancs sont disséminés dans le parc à des points de vue surplombant la ville remarquables.

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Bon là il y a une belle concurrente pour la photo-appel-au-voyage

Il y a également une ferme aux papillons (fermée quand j’y étais) ainsi que le Led Zeppelin Café que je voulais ABSOLUMENT voir mais qui était aussi fermé (décidemment…). Bon, je l’ai vu, mais j’ai pas pu rentrer quoi. A plusieurs moments il est possible de s’arrêter pour observer la vue, soit en faisant un peu de marche à travers la jungle (15 – 20 minutes) soit en s’installant tranquillement dans le petit promontoire aménagé à cet effet dont je mets la photo juste en dessous. A part ça, pas grand-chose à signaler, quelques arbres remarquables sont indiqués par des panneaux ainsi que des plantes. Je n’ai pas vu d’animaux vraiment particuliers en revanche, si ce n’est quelques très beaux papillons… Et des chiens. Parce qu’en voulant sortir du parc, il y en avait une dizaine qui ont commencé à courir vers moi. J’ai tout naturellement fait demi-tour, en attendant que quelqu’un passe. Après 2-3 minutes d’attente, je me suis dit que je n’allais pas rester bloqué là pour des chiens, j’ai donc réessayé de les approcher… Par chance, des gens arrivaient en face, et ils étaient beaucoup plus tranquilles. Je tiens à préciser que j’ai tout de même passé plusieurs heures dans ce parc, et que je n’ai croisé qu’un groupe de trois personnes avant l’arrivée salvatrice de ces gens. 😀

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Je suis donc sorti du parc sans encombre, en ayant vu aucun singe, mais c’était une belle excursion en pleine nature, surtout que le parc se situe sur les collines et permet en plusieurs endroits de surplomber la ville. Au sortir du parc, je suis repassé par chez moi pour me reposer un peu, avant de tenter d’aller au marché aux crabes de Kep. Le marché est mondialement connu pour ses crabes bleus pêchés sous vos yeux, vendus à côté d’impressionnants étals de fruits de mer et de poissons cuisinés devant vous avec de la sauce au poivre de Kampot.

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Les nasses en bois contiennent les crabes !

Il y avait très peu de touristes quand j’y suis allé, le marché ne leur est pas exclusivement destiné : lorsque j’ai demandé le prix de crabes, on me l’a indiqué au kilo comme si j’allais prendre plusieurs kilos alors que je n’étais là que pour faire une dégustation. Je lui ai fait comprendre, il m’en a proposé un, et je me suis installé avec deux autres « brochettes » (deux pieuvres et une autre chose que j’ai moins aimé, sans que je puisse dire ce que c’était) et un jus de canne à sucre, mon repas m’a coûté moins de 3 dollars, ce que j’ai trouvé plutôt rentable par rapport à ce que je mangeais même s’il n’y a pas grand-chose à grignoter dans un crabe. Par ailleurs : je ne savais pas vraiment ce qui se mangeait ou non dans le crabe, j’ai commencé à manger quelque chose qui de toute évidence ne se mangeait pas avant que la femme qui tenait le stand me fasse de grands « non » de la tête et ne vienne décortiquer le crabe pour moi. Les crabes de Kep ont une couleur très particulière, puisqu’ils sont très bleus, et on peut les choisir soi-même dans les nasses en bois à peine récupérées dans l’eau. Bref, c’était une belle expédition que j’ai beaucoup appréciée, pas des plus coûteuses qui plus est !

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Cependant, je tiens à préciser que ça a été une galère monstre de trouver le marché. J’étais en moto toujours, mais le marché n’est pas véritablement au centre, et il faut prendre une route qui longe la côte, il y avait des panneaux indiquant qu’elle était en travaux et de gros engin bloquaient la route. En fait, j’ai compris plus tard que j’aurais pu remonter jusqu’au rond-point à côté de chez moi et prendre une autre direction pour y aller, mais j’ai préféré faire comme les cambodgiens : zigzaguer entre les machines et les ouvriers sur la route barrée jusqu’à arriver au marché. Bon, je précise que j’attendais que d’autres le fassent pour m’engouffrer derrière eux plutôt que de prendre l’initiative par moi-même, il fallait bien que je m’adapte. 😉

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Pourtant, il suffisait de suivre la statue…

Au retour, j’ai de nouveau fait un grand tour en allant jusqu’au port menant aux îles Koh Tonsay. J’avais pensé y aller et faire une étape là-bas, mais on m’a déconseillé de le faire puisque je passais déjà une semaine entière sur Koh Rong Sanloem. Trop d’île tuerait l’île, j’ai trouvé plus habile d’écouter les conseils de voyageurs. Je suis à nouveau rentré chez moi, en ayant dans l’idée d’aller au Secret lake, qui était assez éloigné (30aine de kilomètres), entre route nationale et chemin de terre à travers les villages. J’ai commencé l’expédition extrêmement motivé, mais je n’étais vraiment pas à l’aise le long de la nationale, puisque c’était ma première expédition en moto et que les cambodgiens ont tendance à doubler dans des situations assez dangereuses, klaxonant pour prévenir les motos, tuk-tuks et tout ce qui est plus petit qu’eux de se décaler sur le bas-côté. Après avoir été frôlé une fois de trop par un camion, je me suis arrêté sur le côté, ai vu qu’il me restait encore la moitié du chemin via Maps.me, et ai décidé de faire demi-tour, alors qu’il commençait à pleuvoir. C’était sans doute assez stupide et irrationnel et c’est un beau rendez-vous manqué puisque l’endroit avait l’air vraiment beau, mais pour compenser je vous mets le lien du blog voyage qui m’a donné envie d’y aller. Sans doute serais-je allé au bout de mon idée si j’avais eu un peu plus d’expérience en moto, mais ce n’était pas le cas.

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Quand je parlais de tronçon en travaux… Nous y voilà ! 🙂

Je suis rentré vers 18h chez moi, n’ai pas rendu le scooter tout de suite. Je l’ai récupéré à 18h30 pour essayer de trouver un spot sympa où voir le coucher de soleil, un peu comme sur Sanloem, mais le ciel était très couvert et il était difficile de voir quoique ce soit. Tant pis : j’ai vu Kep alors que le jour déclinait, le gris du ciel s’entremêlait à celui de l’eau pendant que disparaissait au loin, derrière les nuages, le soleil. Un dernier grand tour en moto, histoire de profiter à fond du sentiment de liberté et de vitesse grisant que cela procure, et j’étais rentré, cette fois pour de bon, au Khmer hands bungalow.

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Les couleurs sont splendides…

J’ai pris le seul repas que j’ai pris là-bas, des nouilles sautées plutôt bonnes, c’était le repas le moins cher disponible. Tout le reste était aux alentours de 4/5$, ce qui fait beaucoup pour le Cambodge, et les restaurants à côté étaient tout aussi chers (on m’a vivement conseillé les lasagnes au crabe juste à côté, mais elles étaient à 9$ ce qui fait mon budget nourriture + eau pour toute la journée !). Au niveau des prix également : la location du scooter m’a coûté 4$, j’ai mis 4$ d’essence (mais il y en avait sans doute un peu trop, tant pis) puisque j’avais prévu d’aller jusqu’au Secret lake et que je ne l’ai pas fait. En plus, Chris n’était pas hyper stressant à ce niveau-là, puisque je mangeais, achetais à boire ou louais sans qu’il ne me fasse payer immédiatement, tout se règlerait à la fin du séjour (ce qui est piégeux si l’on ne fait pas les calculs au fur et à mesure), là où la plupart des guesthouses demandent un paiement immédiat de la chambre dès notre arrivée. C’est Kim qui s’occupe du service ce soir-là, c’est vraiment un homme adorable !

La nuit tombée, retour à mon bungalow où je tente de profiter de la Wi-fi qui cependant ne fonctionne pas. J’ai réservé auprès de Kim la veille un ticket de bus à 4$ pour aller à Kampot, la capitale du poivre, qui doit partir à midi 30 ! A 11h je suis prêt, je m’installe à ma terrasse pour écrire sur mon carnet. Car oui, il y a une terrasse avec ces fauteuils-si-confortables-qu’on-dormirait-dedans. C’est ULTRA cosy, et je m’étais promis en arrivant que j’écrirais dedans, c’était chose faite. CEPENDANT, après 20 minutes d’écriture intensive…

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Une petite photo de la terrasse ! (encore désolé pour la lumière

Ah, il y a du suspens là hein… ?

Russell et Ayumi, accompagnés de Chris, arrivent ! Je leur avais parlé du Khmer hands bungalows quand nous étions à Koh Rong Sanloem, ils s’apprêtaient à y prendre quartier eux aussi. Bon, c’est dommage puisque je partais exactement ce jour-là, mais au moins j’ai pu prendre leurs adresses mails et leurs Facebook cette fois-ci. Nous avons pas mal discuté de Kep, je leur ai conseillé 2 ou 3 activités à faire, et leur ai dit tout le bien que je pensais de Chris et de sa guesthouse. Ils ont cependant eu une expérience plus enrichissante que moi : en rentrant en France, je leur ai envoyé des mails et ils m’ont dit qu’eux étaient restés à Kep pour le week-end et que la ville se transformait à ce moment-là puisque les cambodgiens venaient s’y baigner en masse alors que quand j’y étais tout était plutôt vide ! Rapidement c’est cependant l’heure pour moi de partir, je rends les clés, paie, et quitte le Khmer hands bungalows avec un petit pincement au cœur ; la phrase que j’étais en train d’écrire quand Chris et Ayumi sont arrivés est restée en suspend. Chris m’accompagne, je lui dis qu’iels ont fait là un travail remarquable et que l’atmosphère de sa guesthouse est charmante. Il me répond qu’il regrette qu’il n’y ait pas eu d’autres clients de mon âge pour m’entendre avec eux, que je dégage quelque chose par mon attitude et mon sourire qui encourage à venir me parler. C’est bête mais ces mots m’ont énormément touché et m’ont encore plus donné envie de rester… Mais encore une fois, il fallait que l’aventure continue, je n’étais pas arrivé au bout de mes découvertes et il y avait encore beaucoup à voir.

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Au revoir le Khmer Hands ! See you soon!

Au moment du check-out d’ailleurs, je discute avec le neveu de Kim qui le remplace ce jour-là, qui a 19 ans, qui me demande au passage si je suis marié et si j’ai des enfants. Ce n’est pas la première fois ni la dernière fois qu’on me pose la question au Cambodge, en approfondissant je comprends qu’il croit que j’ai 26 ou 27 ans. Les gens semblent assez surpris que je voyage seul ! Il s’excuse de son niveau en anglais, je lui réponds que je n’avais qu’à apprendre le khmer avant de venir et que je n’avais pas à attendre de lui de parler une de mes langues.

Chris avait sur ce point raison : ces 3 jours entre Sihanoukville et Kep, en plus d’un autre à Kampot ont été les jours où j’ai été le plus seul ; je me complaisais dans la tranquillité et l’atmosphère des lieux dans lesquels j’étais sans forcément chercher la sociabilité. Cependant, des discussions comme celles avec Kim ou Chris faisaient que je ne me sentais pas seul du tout ! Car oui, il n’y a pas que de bons côtés au voyage seul, parfois la compagnie peut manquer, ce fut le cas à Sihanoukville alors la météo était loin d’être clémente. Les rencontres faites compensent amplement tout ça, je commencerais sans hésiter et sans rien changer de mon voyage puisque j’ai appris par chacune de ces expériences quelque chose, même si ce fut parfois par l’erreur et l’échec.

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« tu vas quand même pas la mettre à chaque fin d’article »

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