Les préparatifs au long cours d’un voyage de 25 jours

Eh oui, on n’en parle pas assez des préparatifs, mais c’est le nerf de la guerre quand on part si loin, si longtemps. La plupart du temps, ils consistent à optimiser son budget pour éviter de trop dépenser, en passant des heures sur des sites de comparateur de vols pour trouver le billet le moins cher, celui qui nous amènera en Asie pour moins de 400€ (plot twist : cela ne m’est pas arrivé, et je pense qu’à part une erreur de prix… :D). Comparateurs de trains aussi : ce type de liaison se fait souvent de Paris, mais encore faut-il s’y rendre. J’ai finalement opté pour un OuiGo, mais j’ai dû le changer deux fois (vous apprendrez les raisons, chers lecteurs, plus tard). Il n’y a peut-être que le tuk-tuk que l’on ne compare pas, et encore… On regarde les prix avant quand même !

Préparatif I – Le choix de la destination

Pourquoi le Cambodge ? C’est une question que mes amis, des voyageurs, des locaux et même des moines au musée national de Phnom Penh (promis, je raconte cette histoire aussi, plus tard) m’ont beaucoup posé. L’Asie du Sud-Est se prête parfaitement bien à un voyage de type backpacker et les frontières se traversent facilement, que ce soit par voie aérienne, terrestre ou maritime. Combien de bus ai-je vu allant vers la Thaïlande ou le Vietnam me faisant un appel du pied, d’autant que j’ai failli prendre le bus pour Bangkok au lieu de celui pour Kampot (l’accent anglais, vous savez…) lorsque j’étais à Kep. Se limiter qu’au Cambodge est donc relativement rare, surtout pour autant de temps : la plupart du temps les voyageurs n’y passent pas plus de deux semaines, et ce n’est qu’une étape entre différents pays asiatiques. En y repensant, j’aurais dû continuer sur ma lancée et aller plus loin… Mais c’était mon premier voyage de ce type si loin de chez moi, une manière de m’entraîner en quelque sorte, et pour cela il fallait bien commencer quelque part !

Je divague, je divague, mais je ne dis pas grand chose sur le choix du Cambodge. En réalité, il y a une grande part d’arbitraire : le Vietnam m’aurait également beaucoup plu, ainsi que la Thaïlande ou le Laos. La part historique a également été importante : le Cambodge offre, pour un étudiant en histoire comme moi, de quoi en apprendre énormément. Les temples d’Angkor, l’empire khmer, les conflits avec les voisins vietnamiens notamment, la colonisation française (qui explique sûrement la présence du pastis et de la pétanque), le régime des khmers rouges et les massacres de la population engendrés… ne sont qu’un aperçu de l’histoire extrêmement riche du pays. Les paysages, la culture, l’atmosphère que l’on perçoit à 10.000 km d’un pays sont également centrales, même s’ils ne sont pas toujours faciles à appréhender de si loin. On fait alors confiance à d’autres blogs voyageurs, à des forums, à des guides touristiques. Le choix de la destination a aussi été très pragmatique : initialement, je cherchais à faire du volontariat sur Workaway, et mes recherches dans les pays asiatiques ont été assez larges puisque les offres y sont assez rares comparativement à l’Europe. La première réponse positive est venue d’une guesthouse sur Koh Rong Sanloem, aiguillant de ce fait mon voyage, même si je n’ai pas fait ce volontariat, finalement. J’ai eu d’autres offres par la suite au Vietnam et en Indonésie, qui m’ont fait réfléchir… Mais je les garde sous le coude pour une prochaine fois. 🙂

Préparatif II – Le billet d’avion

Effectivement, une fois la destination choisie, il faut pouvoir s’y rendre. Après avoir étudié la voie terrestre et maritime (je rigole hein…), je me suis dit que l’avion, c’était quand même pas mal. A savoir : jusque-là, je n’avais jamais pris de vol longue distance, et n’avais jamais passé plus de 3h dans un avion.

Pour le choix du billet, j’ai appliqué la plupart des conseils voyageurs trouvés sur Internet : étant en vacances pour 3 mois, mes dates étaient très flexibles. Je voulais simplement éviter de partir trop tard, puisque c’est la saison des pluies en Asie et que le mois d’août est souvent plus pluvieux que le mois de juin. Quelques règles me semblent centrale :

  • S’y prendre à l’avance : on vous le conseillera de partout, mais plus vous le prenez tôt, moins cher ce sera, la plupart du temps. Des outils comme celui-ci : http://www.ou-et-quand.net/vols/cambodge/phnom-penh/ permettent de calculer le jour qui sera le moins cher, de savoir combien de temps à l’avance il faut s’y prendre parce que parfois, trop à l’avance n’est pas forcément positif… Je ne sais pas exactement si l’outil est tout à fait fiable ni si toutes les données sont mises à jour régulièrement, les arcanes des comparateurs de vol sont impénétrables et je suis sûr qu’à force de dire qu’il vaut mieux partir le mardi les prix vont augmenter ce jour-là aussi. Un conseil plus pratique serait d’aller sur un forum voyageur (j’indique quelques liens à la fin) pour demander directement à la communauté quels sont les bons prix, et quand les prendre.
  • Être flexible sur les dates : en effet, la flexibilité peut vous rapporter quelques dizaines d’euros, quitte à passer un jour de plus sur place et dépenser cet argent en hôtel et activités. Des comparateurs comme Kayak sont très bien faits puisqu’ils permettent de mener une recherche sur plusieurs jours. Cependant, si tout fonctionnait bien, ce serait encore mieux ! Ne faites pas une confiance aveugle en Kayak : le tableau ci-dessous montre qu’à ce jour (il est 9h26 le 6 juillet, parce que oui, l’heure à laquelle vous faites la recherche compte aussi) le prix du billet pour un A/R entre Paris et Phnom Penh entre le 20/11 et le 9/12 est de 528€. Cependant, si je recherche ces dates exactes avec Kayak toujours, le prix est de 482€. La recherche sur autant de jours semble assez lourde pour l’algorithme et elle n’est pas tout à fait au point. C’est bête, mais cela fait quand même presque une cinquantaine d’euros de différence !
Kayak
Le tableau Kayak permettant de voir les meilleures offres !
kayak2
… Ce qui ne dispense pas de recherches plus approfondies puisque le tableau est faux !
  • Comparer les comparateurs pour que toi, comparant tu compares mieux les comparés : là, je parle de Kayak parce que c’est mon préféré et que c’est celui que j’ai utilisé. Il en existe évidemment d’autres : Skyscanner, eDreams, opodo… Mais pour mes recherches ils ont systématiquement été plus chers que Kayak. Il faut également savoir que ces comparateurs ont la plupart du temps des partenariats avec certaines compagnies qui seront affichées avant les autres, les résultats ne sont pas toujours à prendre pour argent comptant. Face à ça une solution : multiplier les recherches !
  • Changer le nom de domaine : c’est une astuce que j’ai apprise au cours de mon voyage : la plupart des sites comme Kayak ont plusieurs versions correspondant à plusieurs langues. Eh bien les prix changent entre ces langues !!! J’ai lu que le site espagnol était souvent plus favorable. Ce n’est pas le cas actuellement sur la même recherche que celle effectuée plus haut. Je n’ai rien fait d’autre que de taper kayak.es plutôt que kayak.fr. La différence est là d’une vingtaine d’euros, au Cambodge ça fait quand même le budget logement bouffe et boisson d’un jour voire deux si on se débrouille bien.
KayakES
Et maintenant, 500€ ! C’est à n’y rien comprendre…
  • Aller sur le site de la compagnie elle-même : les comparateurs ne sont que des prestataires de service qui se font de l’argent par la commission rapportée sur les billets vendus par leur intermédiaire. Ils redirigent souvent vers d’autres agences ou d’autres comparateurs comme flightflinder ou la boursedesvols qui ont la fâcheuse tendance à afficher des prix volontairement bas pour apparaître dans les top résultats des comparateurs de vol, mais le prix payé à la fin est bien plus élevé. En réservant mon billet avec Emirates par exemple, il apparaissait à 540€ sur Kayak, par l’intermédiaire de la Bourse des Vols. Avec les frais notamment liés à ma carte bancaire, la facture était de 629€, et j’ai lu tout un tas d’avis négatifs sur eux en cas de recours sur le net. En passant directement par Emirates, le prix était de 600€, mais le prix affiché était celui que j’aie payé. Cela était assez cher par rapport à ce que l’on peut trouver, on peut facilement s’en sortir pour 100 – 120€ de moins : j’avais initialement un billet Qatar Airways que j’ai dû annuler à cause de la crise diplomatique actuelle qui touche l’émirat, les pays voisins lui ayant fermé leurs espaces aériens. Je l’avais pris 4 mois à l’avance, pour 540€. La crise s’est déclarée 10 jours avant que je parte, j’ai acheté mes nouveaux billets une semaine avant : 600€ à 1 semaine du voyage, cela reste un prix correct ! Même si j’y ai perdu pas mal d’argent au passage, puisque mes billets Qatar Airways n’étaient pas annulables et que l’on ne m’a remboursé que les taxes d’aéroport, à savoir 350€.

Bon, je me rends compte au fur et à mesure que cet article ressemble de plus en plus à un « top 10 des conseils pour avoir des billets vraiment pas chers ». Comme ce n’est pas le but, je vais m’arrêter là, et puis il y a déjà de quoi faire sur le coup !

Préparatif III – L’itinéraire

Un point super important aussi : l’itinéraire. Tout le monde ne le prépare pas vraiment avant de partir, surtout pour des voyages assez longs, mais comme le mien ne durait qu’un mois, il me semblait important d’optimiser un peu les choses pour éviter de perdre trop de temps. En réalité, si je m’étais écouté je crois que je ne serais resté que dans le sud et ne serais même pas allé jusqu’à Siem Reap… 🙂

J’ai surtout réalisé mon itinéraire grâce à d’autres blogs voyageurs, et à des guides qui m’ont été offerts pour mon anniversaire, le Lovely Planet (la référence en Asie) et le Natural Geographic notamment. Pour les blogs, c’étaient le plus souvent des blogs tour du monde, comme Envie d’ailleurs et allervoirailleurssijysuis (je vous conseille vivement la lecture de ce dernier, j’ai pas encore lu toutes les étapes mais c’est en cours, si je fais un tour du monde un jour ce sera notamment grâce à ce blog ! ;)), qui ont pour point commun d’être passé par le Cambodge.

Il serait injuste également de ne pas rendre hommage à des blogs tenus par des expatrié.e.s comme celui de Cambodiza ou le plus à jour et plus ergonomique Move to Cambodia pour les anglophones. Ils facilitent la vie en ce qu’un certain nombre d’horaires et d’informations y sont recensés, même si le Cambodge évolue très rapidement et que les informations sont rapidement dépassées. Pour planifier les trajets, ces blogs sont idéaux !

Rapidement, quelques étapes sont apparues comme étant centrales : Phnom Penh, Siem Reap, la côte sud, la province du Mondolkiri (que je n’ai pas faite). Mon itinéraire a finalement ressemblé à ça :

J1 : arrivée à Phnom Penh, nuit sur place

J2 : départ pour Sihanoukville en bus, puis pour Koh Rong Sanloem en bateau

J2 – J9 : Koh Rong Sanloem

J9 – J10 : Sihanoukville

J10 – J12 : Kep

J12 – J15 : Kampot

J15 – J16 : Phnom Penh

J16 – J22 : Siem Reap

J22 – J24 : Phnom Penh

J25 : retour à Lyon !

Alors effectivement, si le but avait été de voir le maximum du Cambodge, il aurait été plus cohérent de réduire les étapes sur Koh Rong Sanloem et à Siem Reap pour aller dans le Mondolkiri ou à Battambang, par exemple. Le Mondolkiri est peut-être ce qui ressemble le plus à un parcours en dehors des sentiers battus au Cambodge, même s’il existe des tours organisés sur plusieurs jours pour s’y rendre et y faire des treks, la plupart du temps depuis Sen Monorom qui en constitue la porte d’entrée. Cependant, je voulais profiter des étapes et ne pas me presser, et je voulais vraiment profiter de Koh Rong Sanloem. De toute façon, j’aurais sûrement été incapable d’écourter mon séjour sur place : ce n’est pas faute d’avoir essayé, mais quand on est pris dans l’ambiance il est difficile d’en partir !

Préparatif IV – Le matériel

J’ai maintenant mes billets d’avion, mon itinéraire global, j’ai fait 2-3 réservations via Booking, le voyage semble être sur la bonne voie. Cependant, il faut aussi savoir avec quoi partir… Et bien choisir son matériel et ses vêtements. Pour ma part, j’ai acheté un sac à dos 65L + 10L Forclaz Symbium Quechua d’occasion sur Leboncoin. Le sac était plutôt bien évalué, bien qu’un peu lourd (quasiment 2kg), le système de portage est assez bien optimisé. Il est plutôt confortable, il y a de la mousse partout tant et si bien qu’on pourrait dormir dessus. Il a plusieurs poches, sur les accroches abdominales et sur le dessus, que l’on peut enlever au besoin. Il a également une poche qui s’ouvre par le bas qui permet de ranger les choses auxquelles on veut accéder facilement. J’ai également acheté une housse pour le protéger de la pluie ainsi qu’une housse de transport pour l’avion et le bus qui peut être fermée avec un cadenas, qui a plutôt bien tenu le coup, et qui se transporte assez bien.

Dedans, j’ai emporté mon sac à viande : il a pris de la place a alourdi mon sac pour rien, puisque je ne m’en suis pas servi. Je me suis dit que si je tombais sur des punaises de lit il pourrait toujours m’être utile, ce qui est stupide, puisque c’est le meilleur moyen de les ramener avec soi et de les transporter vers d’autres auberges de jeunesse, avec ses vêtements qui plus est. En plus, je suis quand même assez rarement tombé sur des GH vraiment sales, sauf à Kampot. Ensuite, quelques t-shirts, un polo (grave erreur : il fait bien trop chaud), 2 débardeurs, 2 chemises (pour la moto, il vaut mieux des vêtements à manche longue !), 2 shorts, 3 pantalons, sous-vêtements et chaussettes. Les matières comme le lin et les matières synthétiques pour le t-shirt sont vraiment plus agréables : le coton ne respire pas, et pour des journées de 10 – 12h de visites comme à Angkor (aussi appelé la capitale du t-shirt mouillé), sous une température qui peut atteindre 35 – 40°C, c’est pas le plus confortable. J’avais également quelques médicaments de base, bandages, désinfectant, anti-diarrhéique, Spasfon, Doliprane… et des produits de toilette. Très rapidement, le théorème du tout ce que tu veux emporter sera à porter fait ses effets, et on renonce à cet autre t-shirt qui aurait pu être utile, ou à ces deux superbes livres que l’on aura enfin le temps de lire (bon, il se trouve que j’en ai quand même ramené 3 : un guide, Proust, et un essai de Rosenvallon).

Pour le transport de mes papiers et de tout ce qui était absolument vital, j’ai acheté une de ces bananes extra-fine qui se glisse facilement sous les vêtements, autour de la taille, afin de transporter mon passeport, mon argent et mes cartes. Cela ne m’a pas empêché de la perdre deux fois (plot twist : je l’ai retrouvée, sinon je serais sûrement encore au Cambodge), ce que je raconterai plus tard aussi. 😉

In fine, en rajoutant 2/3 bêtises (un cahier, la crème solaire, l’anti-moustique, l’appareil photo), je voyageais avec 10,5 – 11 kilos sur moi. Ce dont je suis assez fier, puisque jusque-là je voyageais toujours avec une valise. Et de préférence une très grande valise (jusqu’à que je prenne les vols low-cost où prendre une petite valise fait économiser 50€). Certains partent plus longtemps et n’ont pas plus que 7 – 8 kg sur eux, qu’ils sachent que je les admire.

Voilà voilà, je pense que j’ai tout dit, ça fait un premier article déjà assez long. Après ces circonvolutions ennuyeuses on va enfin pouvoir passer au voyage en lui-même… Vous avez hâte, hein ?

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